Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 14:07

Quand le navire largue les amarres, quand les doutes deviennent certitudes, quand la colère devient tristesse, le désarroi et l'impuissance, la pire des réalités se dévoile soudain sous nos yeux.

 

Je pleure de toutes ces larmes d'embruns salés qui poudroient l'océan. Il nous sépare aujourd'hui un peu plus et peut-être à jamais.

 

Nous ne serons à présent qu'étrangers, puisque déjà nous nous haïssons. Le temps n'a fait qu'amplifier le silence pour le rendre sans fin comme notre éternité.

 

Je condamne ce qu'ils ont fait de toi, pauvre esprit fragile, si généreux. Ils ont volé ta douceur déjà et prendront tout le reste, sans que nous puissions t'avertir du danger. Hélas, convaincu que ta vérité est la seule, il ne me reste plus qu'à protéger les miens. Adieu, à Dieu, s'il t'en reste un.      

Pour lire le lien, cliquez ici : link         HOCAF5F9ANCAD5AZVECAIVN76VCAHM00RFCAYCVXG9CAW9U3YTCAYLIIBVC

Par Tchema - Publié dans : Emotion - Communauté : Ultreïa
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 17:11

Jean était sorti un peu avant sept heure ce matin. En arrivant près du bois de chênes, la cloche du village lui précisa l'heure dans sa promenadegal_2006.jpg quotidienne.

gal_2006--2-.jpg 

Les lueurs tardives de l'aube lui convenaient mieux après les matins précoces d'un été étouffant. Sur le chemin, ses pas lourds froissaient un premier tapis de feuilles trempées de rosée.

 

 

C'était son heure, son moment à lui. Un rituel dont il ne pouvait se passer chaque jour.

Après avoir senti la terre s'éveillant lentement, il se mettait à  prier en ayant soin de choisir une intention nouvelle. Aujourd'hui, il décida de prier pour lui, l'idée le fit sourire. Il n'était pas particulièrement dans le besoin de quelques grâces ou d'une bienveillante orientation et déranger pour cela le Seigneur de si bonne heure le matin, mais bon. Il s'appliqua néanmoins.

Les mots, plus que la démarche, parurent effectivement lui procurer un paisible bien-être intérieur. Il leva la tête pour observer la brume glisser entre les pins et s'enfuir devant lui. Il fit une pause sur un vieux tronc qu'un hiver avait couché le long du sentier. Oui, qu'avait-il encore à demander ? Sans doute y avait-il plus heureux que lui, mais le bonheur depuis quelques années parvenait à le satisfaire néanmoins.

 

La mesure de Jean pour savoir s'il était heureux avait fait ses preuves dans le temps. Du temps où il avait bien besoin de stratagèmes pour mettre dans le plateau de la balance les milles choses qui l'entouraient chaque jour et rendre plus légeres les rigueurs de la vie, de sa vie. La formule marchait à merveille et aujourd'hui, à l'aube de sa vieillesse, il reconnaissait une certaine forme de bonheur suffisante pour tenir jusqu'au moment du départ.

 

Il pensait souvent à sa mort comme une échéance probablement plus éloignée qu'il ne voulait bien le croire et se demandait souvent comment la réussir. Depuis peu, les yeux, le sourire d'un tout petit enfant, son petit fils avaient diffusé secrètement dans son esprit, la réponse aux questions sur la fin de sa vie. Elle s'annonçait calme et déterminée après que les derniers détails importants seraient réglés, entre lui et moi, se disait-il. Nous serons ensuite unis pour l'éternité. Indicible joie de quitter ce monde avec l'amour des siens. Formidable continuité dans l'au-delà de sentiments si forts.

 

On laisse en partant ses amours de toujours, celui ou celle qui a partagé une bonne partie de notre vie. Désunion temporaire. Il dirait sans doute alors le traditionnel : je t'attends ! 

  

On laisse ses enfants qu'avec patience on a mené doucement jusqu'à l'envol vers leurs destinées. Ils ont besoin de temps pour construire et veiller à leur tour sur la destinée de leurs petits. A eux, il leur dirait qu'il ne les quittait pas vraiment. Mensonge rassurant.

 

Mais Jean, il en était persuadé, ne laisserait pas cet enfant et le lien qu'il tissait avec lui ici bas, ouvrirait vers l'au-delà, un formidable espoir d'éternité.

 

Il avait pu capté dans ce regard clair, le long de la petite enfance, pendant les longs moments de calme reposant, la source d'une intense attention. Merveilleuse portée musicale pour que le message d'amour, les valeurs importantes et surtout la manière de regarder la vie, passent et pour que ce petit les fassent siennes. Ces choses là, Jean le sentait, l'enfant les avaient comprises, assimilées. Son regard se levait avec sérieux lorsque Jean donnait le mot important. Le Grand-Père, lui, faisait alors silence, car le reste ne se lisait que dans leurs yeux. Puis, le front du gamin s'avançait enfin pour recevoir le doux baiser scellant l'important secret. 

 

Jean se reconnaissait dans ce gamin joyeux, assoiffé de vie et de bonheur. C'est lui qui prendrait sa place dans l'espace familial, parfaite continuité de son existence. Depuis, Jean, conscient de son privilège, remerciait le Seigneur, ces matins-là, de se projeter dans l'éternité d'un amour infini. (© Tchema Nov2011)

 

Par Tchema - Publié dans : Emotion - Communauté : Ultreïa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 22:56

Il m'arrive quelques fois de déambuler sur les quais de ce port catalan. C'est à Port-Vendres où pour la première fois, je posais mes pieds d'enfant sur le continent. Moi qui rêvais d'avions, de nuages et de ciel bleu, c'est en bateau, sous une pluie fine fouettée par la Tramontane, qu'un matin, je débarquais.el mansour108 ETAT 3

 

La Compagnie de Navigation Mixte assurait une liaison régulière entre Alger et Port-Vendres. Elle assura l'exode finale, déposant dans ce petit port, les malheureux pieds-noirs brisés de chagrin. Salées étaient leurs larmes et les embruns...

 

Pendant les années de joie, de la baie vitrée de notre salle à manger, aux heures du déjeuner, deux gamins apercevaient deux bâtiments. L'El Mansour ou l'El Djezaïr quittant la rade d'Alger sous le soleil pour fendre les vagues vers notre autre pays, la France. Devant notre assiette, c'était à celui qui devinerait le premier son nom, avant de rêver la bouche pleine à cet autre paradis... plus beau que le nôtre ? Impossible !el djezair

 

 

Nous étions bien loin d'imaginer que nous pourrions un jour faire une traversée sur le pont de chacun d'eux et passer les grandes vacances dans le Roussillon. Malheureux présage de ce qui adviendra plus tard, dans la tragique histoire de l'Algérie.

 

Aujourd'hui, la nostalgie est presque effacée, mais les souvenirs sont là. Je donnerais cher, pour prendre la barre de l'une de ces carcasses et fondre toute sirène hurlante vers le sud. Salées seraient mes larmes et les embruns...(merci à  la Collection association Port-Vendres des Paquebots pour ces deux photos)

Par Tchema - Publié dans : Nostalgie - Communauté : Ultreïa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 00:13

2004 - Une vieille femme tout de noir vêtue, réconfortait d'un bol de café brûlant et de quelques gâteaux secs, le pauvre pèlerin transi de froid qui, sur le banc de la place du village de Reliegos, exténué par une nuit de marche, tentait de reprendre des forces. Je lui offrais une petite médaille de fer blanc pour la remercier et lui souhaiter, avant de repartir une bonne santé...DSC01495

 

2008 - Terminant la même étape de jour, bien décidé à retrouver ce souvenir, mon coeur fit un bond de joie en apercevant la pauvre femme, plus rabougrie de quatre années de plus. En deux mots, je lui expliquais mon bonheur de la revoir. Etonnée, tant de pèlerins passent par ici, me dit-elle, exhibant à son cou quelques petites médailles.

Après l'avoir prise en photo coiffée de mon chapeau, elle attacha à mon poignet un sachet plein de fruits et me souhaitant un buen viaje...

 

septembre 2011 - Mes enfants chargés de mission lors de leur pèlerinage sur le Chemin de Saint Jacques de Compostelle, firent une pause dans le village pour revoir la sainte femme. Ils me firent part, malheureusement, de son décés l'année dernière...01510.jpg

 

Cette histoire, devint rapidement le sujet de conversation de Radio Camino sur le Chemin en 2004(bouches à oreilles). En 2008, elle me rattrapa en arrivant à Santiago. Elle fait l'objet des anecdotes racontées maintes fois lorsque je parle de mes pèlerinages, mais restera à jamais dans mon coeur comme le plus doux des souvenirs de ces deux voyages, les plus beaux de ma vie.

 

Par Tchema - Publié dans : Emotion - Communauté : Ultreïa
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 11:38
 
 
La vie sans toi
Le coeur à l'envers
C'est l'eau sans la mer
C'est froid comme l'hiver
C'est long comme la nuit
C'est lourd comme l'ennui
La nuit sans l'aurore
C'est long comme la mortcrying

La vie sans toi
Vers qui et vers quoi
Le sol sous mes pas
Se dérobera
Tout seul sur la Terre
Le coeur en enfer
Dieu me garde de vivre un seul jour
Sans toi

Vivre sans vivre
Moi qui n'ai jamais su marcher
Que pour te suivre
Ivre de vivre
Pour respirer l'air que tu respires
Laisser parler nos coeurs sans rien dire

Vivre ou survivre
Sans plus jamais trouver dans tes yeux
La fin du livre
Vivre sans vivre
Dieu me garde de vivre un seul jour
Sans toi 
 

Yves DUTEIL "La vie sans toi"

Par Tchema - Publié dans : Emotion - Communauté : Ultreïa
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Ma musique préférée

La prière du Pèlerin. (Tchema)

Ton corps est libéré de fatigue et de craintes.
Il engage sa foi en ce matin d'espoir.
Lace tes souliers avec soin, charge tes épaules de ta piètre fortune et d'eau si précieuse.
Dis Adieu aux hôtes qui t'ont reçu comme un Roi, laisse leur ton image, toi misérable gueux, pour qu'ils sachent qu'il n'est pas de mirage dans la reconnaissance de l'homme ni dans l'amour de Dieu.

Quitte ce lieu, à présent, où tu te sentais si bien.

Va vers l'avenir, vers l'inconnu nouveau, vers la souffrance de l'être, vers le calme de l'esprit.
Tes pas dans la rosée sont autant de prières qui salueront ton âme pour une éternité. Ultreïa ! Tchema (Sobre el Camino 2004/2008)

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés