Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 23:25
   A l'heure où le débat sur l'identité nationale passionne beaucoup plus qu'on ne le dit sur notre territoire, j'apporte ici quelques réflexions sur les trois mots qui résument les valeurs de notre République : Liberté, Égalité, Fraternité.

   Que sont-ils devenus depuis que Maximilien Robespierre dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales imprimé mi-décembre 1790 les proclama ? Quels sont leurs sens au vingt et unième siècle où la mode est de remettre en cause le vrac dans lequel on retrouve notre drapeau, la Marseillaise, et les lois de la République ?

Liberté
:

La déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793 définit ainsi la liberté : « La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait ». « Vivre libre ou mourir ». 
   Aujourd'hui, ses limites  morales même sont bafouées comme le sont les lois qui tentent de la protèger. Quant au respect de ne pas nuire à l'autre, je vous laisse mesurer chaque jour l'indifférence de l'homme à notre époque sur ce sujet.
   Enfin ceux qui, dans notre histoire, ont fait leur la plus grande devise républicaine : "Vivre libre ou mourir", doivent être fatigués de se retourner dans leurs tombes.

Egalité
 
   Le mot « égalité » signifie que la loi est la même pour tous, que les distinctions de naissance ou de condition sont abolies et que chacun est tenu à mesure de ses moyens de contribuer aux dépenses de l'État. La déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 déclare que : « Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi. » Selon la déclaration des droits de l'homme de 1795 : « L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. L'égalité n'admet aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoirs. »Il y a quand même une dimension sociale dans l'égalité puisqu'elle résulte, selon Robespierre, de l'amour de la Patrie et de la République qui ne tolère pas l'extrême disproportion des richesses. Égalité demande donc, pour le fondateur de la République, que l'héritage soit aboli, que chacun ait un travail et que l'impôt soit progressif. Bref l'égalité des sans-culottes n'est pas celle des brissotins. Rousseau définissait l'égalité, consubstantielle à la liberté, comme le fait que «  nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre. » 
   Sans revenir sur les préceptes communautaristes qui ont marqués de leurs déchéances la fin du 20ième siècle, s'il y a bien un mot qui est bafoué par le pouvoir de l'argent est bien celui-ci. Alors que nous pourrions au moins chercher l'égalité devant nos compatriotes qui manquent de l'essentiel, notre société sacralise le dieu Argent pour d'insatiables superflus...

Fraternité
:

Troisième élément de la devise de la République, la fraternité est ainsi définie dans la Déclaration des droits et devoirs du citoyen figurant en tête de la Constitution de l'an III (1795) : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir ».
   Malheureusement l'individualisme développé dans notre société tend à ne chercher chez son propre frère que ce qu'on aimerait bien posséder soi-même.
   Société de consommation, publicité, sont autant d'effets néfastes sur l'homme du 21ième siècle pour le respect de ces trois valeurs. Elles sont unies et sont en même temps complémentaires. Bien fragiles de nos jours, gardons-les comme objectifs et non comme utopies, car elles soutiennent pour combien de temps encore le bien fondé de notre démocratie républicaine...

Par Tchema - Publié dans : Ecoute un peu...
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 12:18

   Lorsqu'une nuit, emporté vers des fonds inconnus, fiévreux, tremblant, secoué par une quinte rocailleuse jaillissant du plus profond de moi, il m'arrive d'entendre venant d'un coin de ma mémoire, les plaintes longues et lugubres des bateaux dans le port d'Alger.
   Les grandes baies vitrées de notre appartement donnaient sur le magnifique tableau d'un complexe portuaire en plein expansion dans les années cinquante. Le jour, par beau temps, nous pouvions suivre le blanc Kerouan jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière la ligne d'horizon. Mon imagination de gamin me confortait alors qu'il était bien arrivé à Marseille.
     Mais les nuits de grandes tempêtes, quand les hordes de vagues immenses donnaient l'assaut aux digues protectices, la terreur gagnait tous les bâtiments à quai. S'en suivait de longs sanglots de sirènes miaulant, hurlant, dans le bruit du tonnerre et du vent. J'écoutais ces appels sinistres bien au chaud dans mon lit, songeant à ces carcasses de fer tanguant dangereusement, prisonnières d'amarres trop courtes, et sans doute cognant de toute leur masse contre les pierres rugueuses. C'était des pleurs, des gémissements semblables à ceux de femmes atrocement torturées et implorant pitié.
   Puis, peu à peu, les plaintes s'amenuisent, le vent se calme et comme si, harrassé par l'effort d'avoir mené bataille, je sombre dans le sommeil profond d'une innocente et paisible réalité...

Par Tchema - Publié dans : Nostalgie
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 18:14
Bonjour,
    Eh bien oui, me revoili, après une longue absence, je reviens plein de belles images retenues de vacances cet été, et plein de jolies choses à vous conter, pour réfléchir, pour rêver...
    Il faut dire que le froid qui s'installe aujourd'hui, nous rend plus nostalgique du beau temps et des moments merveilleux déjà vieux de quelques mois à peine.
    Je suis cigale, en doutiez-vous ? Né en terre d'Afrique, je n'aime que le Nord des cartes postales, des vacances touristiques (balades sur la côte bretonne) ou bien festives (marché de Noël à Strasbourg)...
     Le reste du temps, laissez-moi humer la Grande Bleue, traverser un petit bois d'alzines (chênes liège en catalan) ou déguster au pourrou le vin doux devant une bonne cargolade mijotant sur la braise. 
     Le pays catalan m'a adopté, depuis je reste des heures sur la plage de sable fin à scruter l'horizon pour y voir un bout du continent de ma naissance. Sans regret, sans haine mais sans espoir, je profite encore du temps que tant de voyages ont kidnappé dans ma vie... La Tramontane se lève ce soir, rentrons doucement. 
Par Tchema - Publié dans : J'aime
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 19:14
   Migrant des profondeurs de la blogosphère moribonde d'Orange, je viens ici chercher amitiés, culture et réflexions sur les choses de la terre. Certains reconnaîtront mon emblème et la philosophie de ma vie de Pèlerin.
Par Tchema - Publié dans : J'aime - Communauté : Diaspora Zorange
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La prière du Pèlerin. (Tchema)

Ton corps est libéré de fatigue et de craintes.
Il engage sa foi en ce matin d'espoir.
Lace tes souliers avec soin, charge tes épaules de ta piètre fortune et d'eau si précieuse.
Dis Adieu aux hôtes qui t'ont reçu comme un Roi, laisse leur ton image, toi misérable gueux, pour qu'ils sachent qu'il n'est pas de mirage dans la reconnaissance de l'homme ni dans l'amour de Dieu.

Quitte ce lieu, à présent, où tu te sentais si bien.

Va vers l'avenir, vers l'inconnu nouveau, vers la souffrance de l'être, vers le calme de l'esprit.
Tes pas dans la rosée sont autant de prières qui salueront ton âme pour une éternité. Ultreïa ! Tchema (Sobre el Camino 2004/2008)

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